lundi 29 juin 2009

Chaud, chaud !

La grâce absolue de l’hydrangea serrata Kiosumi-sawa. Un feuillage superbe nervuré de brun-roux et une floraison précoce en juin tout en délicatesse. A observer de près.

C’est maintenant qu’on apprécie les réserves d’eau de pluie faites au cours du printemps sur les descentes de gouttières….Car il faut garder l’œil et intervenir: sur les vivaces plantées ces dernières semaines, sur tous les hydrangéas... et les rosiers si on veut les garder en pleine forme. Jusqu’ici la météo pluvieuse et les engrais organiques distribués cet hiver leur ont réussi : les feuillages sont rutilants, les fleurs plus grandes et colorées.

... les sublissimes jeunes feuilles de l'hydrangea serrata Kiosumi-sawa
Mais de grâce pour vos chères plantes arrosez le matin et non le soir…. En fin de journée, stressées, recroquevillées pour résister à la chaleur, les feuilles pendantes et les fleurs flétries, elles sont incapables d’absorber cet arrosage soudain !
Contentez-vous de doucher les feuillages de celles qui aiment (les hydrangéas, pas les rosiers). Le spectacle est navrant c’est sûr mais pour le meilleur il faudra patienter et attendre le matin. Les plantes reposées par la nuit plus fraîche vont profiter pleinement de l’arrosage : un arrosage abondant au pied (10 à 20 litres pour un arbuste) qui pénétrera en profondeur.

La gaieté de l’h. serrata Kurenai : un buisson érigé et compact d’1,20m, joli dans une bordure au soleil : les fleurs virent progressivement à un magnifique rouge profond.

Si ce n’est déjà fait, entourez ensuite les plantes de tontes de gazon (non traité) sur 5cms d'épaisseur, pas plus, ou de broyat de branches pour éviter l’évaporation et garder la terre meuble. Les plantes résisteront trois fois plus longtemps. A moins que survienne la canicule un arrosage par semaine suffira….jusqu’aux pluies d’orage de l’été qui leur feront du bien et rechargeront les réserves !

Un des petits derniers au jardin l'hydrangea serrata lilacina paillé d’un épais tapis d’aiguilles de pin.

mardi 23 juin 2009

Au Jardin d’Eau


Le troisième week-end de juin, Marie Mad Jegard ouvre grandes les portes de son Jardin d’Eau, de la pépinière et de son jardin privé devant la maison. C’est «Juin chez Mad». L’occasion d’apprécier «sur pièces» dans de superbes massifs, sur les berges et dans les bassins, les belles et bonnes vivaces qu’elle a testées avant de produire et recommander. Marie Mad invite aussi chaque année quinze autres très bons professionnels qu’on est ravi de découvrir ou de retrouver. Ainsi en 2009 «Le Jardin d’Herbes» et son choix de belles graminées, «La Pépinière de l’Ile» (de Bréhat), «Campanule», «la Pépinière du Val» qui avait réalisé de jolies vasques avec des plantes alpines et de rocaille : «Pas pour vendre…pour donner des idées …».


Je venais pour la première fois. Le lieu est beau, la pépinière de Marie Mad très bien tenue, ordonnée et élégante avec le soin esthétique des détails comme du pratique et du fonctionnel. Le ruisseau coule en contrebas sous un couvert ombreux. Entre la pépinière et la maison, le jardin cloisonné par des haies taillées ou laissées libres laisse découvrir plusieurs mares et bassins, du plus petit à peine visible parmi les massifs (comme des bains d’oiseaux) à la grande mare devant la maison. Autour des pièces d’eau et dans les platebandes, la floraison des hémérocalles, des géraniums et autres vivaces de début d’été est généreuse et gaie. Marie Mad sait associer ses plantes et les présenter dans des harmonies de couleurs.


L’ambiance était décontractée, simple et «chic» à la fois. Amis, clients et voisins (ou non…plusieurs passionnés ont traversé la Bretagne en tous sens pour venir chez elle. J’en étais !) ont passé une délicieuse journée. On pouvait s’y attarder parce que Babette, encore une amie (qui tient «Clafoutis», une jolie tarterie rue Haute Voie à Dinan) proposait d’exquises tartes salées et desserts sucrés «faits maison» et de saison. Tout cela pour vous dire: vous pouvez encore cet été du mercredi au samedi l’après-midi (14h30-18h30) découvrir ce merveilleux jardin (site). Et notez sur vos agendas, l’année prochaine si vous passez du côté de Dinan le troisième week-end de juin, rendez-vous chez Mad !

samedi 20 juin 2009

2009 un très bon cru

L’été sera fruits, le printemps est fleurs. Les arbres fruitiers, on le sait, «donnent» pour beaucoup une année sur deux. Mais qu’ont cette année les arbres et arbustes à floraisons printanières ? Tous sont très, très florifères. Ont-ils enfin récupéré de la dramatique canicule de 2003 (eh! oui près de 6 ans) suivie d’une autre sécheresse puis d’hivers trop doux pour qu’ils puissent entrer en repos ? Les froides températures de l’hiver dernier leur ont été sans nul doute bénéfiques. Je ne me souviens pas avoir vu les sureaux autant fleuris. Une merveille qui embaume d’un parfum de miel chaud presque grisant. Particulièrement le sambucus nigra «Gruncho Purple» et le sureau lacinié (Sambucus nigra laciniata) qui cette année atteint le balcon du deuxième étage. Une promesse de grappes abondantes (à partager avec les oiseaux) pour une délicieuse gelée …

mardi 16 juin 2009

Un jardin à quatre mains


Ils ont ouvert à tous leur jardin ce week-end Didier et Béatrice, pour une noble cause (Jardins et santé ). Un jardin qui leur ressemble, tout en finesse, douceur et poésie. Tombés à pieds joints dans la marmite jardinière lorsqu’ils ont construit leur maison, ils ont consacré une part de leur budget (serré pourtant) aux travaux «de fond» du jardin. Le terrain était plat, la campagne ordinaire, la route à côté. Le jardin s’est blotti en creux en créant des mouvements sur les bords surélevés de 2 mètres. Plantés d’un mélange d’arbres et arbustes persistants, les talus ont rapidement formé de précieux écrans. Auprès de la maison, un bassin et sa cascade viennent tout contre la terrasse ensoleillée. On profite à chaque instant du murmure de l’eau et on peut observer libellules et grenouilles. S’il fait trop chaud, la terrasse se prolonge à l’ombre sous une pergola pour y déjeuner.


Avec les conseils de Dominique Voisin, une voisine (sans mauvais jeu de mots !), les talus ont été plantés d’arbustes élégants, de ravissantes vivaces et de fleurs simples qui se ressèment à l’envie, «juste là où il faut», remarque aussi Didier.


Sans esprit de possession ou de collection. C’est égal si le nom des plantes est oublié. A quatre mains ils composent d’exquises scènes, avec la sensibilité aiguisée de Béatrice sur les détails. C’est un jardin à fureter, avec des sentiers ombragés se faufilant parmi les végétaux devenus grands, des coins secrets, des clins d’œil (en pièces de «récup») qui racontent des histoires. Les associations de feuillages et de fleurs, les jeux de couleurs, les équilibres des arbustes taillés sont toujours justes.


Ce jardin s’invente et se réinvente : il est à maturité aujourd’hui après quinze ans. Didier songe à remplacer certains arbustes vieillissants. Il a déplacé «la bicyclette» devant la maison, reprend les fines clôtures en noisetier ou en bambou sur lesquels s’appuient les grandes vivaces (évitant qu’elles se déversent sur la pelouse ou sur le chemin), aménage de nouveaux sentiers.

En ouvrant leur jardin ce week-end, Didier et Béatrice avaient pour but de contribuer à faire connaître cette association qui associe thérapie et jardin. Leur jardin discret et généreux a émerveillé ses visiteurs et donné bien des idées. De tout cela qu’ils soient remerciés.

dimanche 14 juin 2009

Et pour quelques roses de plus


En mélange, Comte de Chambord et Narrow Water

Temps de jardin partageait avec vous en 2008, à cette même saison, le bonheur des roses… Voici celles fleuries depuis la mi mai parmi les plus belles du jardin. Des valeurs sûres recommandées, récompensées, qui n’ont qu’une exigence: être nourries (raisonnablement) d’un engrais organique une à deux fois par an (en hiver et pour les remontantes en juin) sang séché et corne broyé, fumier décomposé. Pas de traitement chimique ni de «shoot» toutes les semaines comme il arrive dans les roseraies spécialisées. Tant pis pour la vague printanière des pucerons…les prédateurs arrivent plus vite ! Un mélange de plantes aromatiques à leur pied est de rigueur (pour les plus sensibles. City of York, Albéric Barbier, Narrow Water …et d’autres n’en ont pas besoin). Les rosiers sont plantés «à l’air» (et non en situation confinée) pour la résistance aux maladies. Un dernier mot: chinez le petit ouvrage de Patricia Beucher «Les roses anciennes d’hier et d’aujourd’hui». Editions Nathan. 1993. Aucun livre sur les roses publié depuis, aussi intéressant soit-il, n’a su le remplacer.
Les premières roses Albertine

samedi 13 juin 2009

Arrêt sur images (de jardin…)

Arrêt sur images momentané … car une passion peut en cacher une autre. Grelinette, coupe-branches, sécateur et autre griffe me sont littéralement tombés des mains la semaine de l’Ascension. En bonne fille de l’Ouest Atlantique j’ai accouru sur les bords du Golfe du Morbihan (cette petite mer sans pareille) pour assister avec enthousiasme à la Semaine du Golfe. Car pour rien au monde je n’aurais «raté» cet extraordinaire rassemblement de vieux gréements. De partout ils sont arrivés, frêles esquifs ou impressionnants trois mâts pour se rassembler en «flottilles», aller de port en port et naviguer au bonheur de tous sur l’eau et sur la grève, pendant quatre jours.
Cette fête maritime, une des plus belles qui soient au monde (peut-être la plus belle et certainement la plus joviale) n’a lieu que tous les deux ans. Le spectacle est partout, on a le choix: Déambuler de port en port (une flottille différente et une fête dans chaque port d’attache, chaque soir, avec musique et chants de marins, sans manières mais en gardant les bonnes…). Côtoyer et écouter les équipages parler de leur bateau ou de leurs projets. Ou se pauser entre soi, se détendre face à la mer et tout simplement regarder passer les bateaux….Des grands, des petits, tout-petits ou très grands, tous manœuvrés à la force des bras et du vent. Des bateaux tellement élégants quelle que soit leur taille et leur âge ! Des bateaux restaurés, entretenus et bichonnés par d’infatigables passionnés. Ils étaient plus de mille cette année 2009. Un spectacle changeant de toutes les couleurs, en perpétuel mouvement, tout près. Presque des rêves d’enfants éveillés. Ou des tableaux vivants. En même temps un magnifique élan partagé, des navigateurs pour de vrai jusqu’aux matelots d’eau douce, reconnaissant à jamais le génie de la mer… et celui des marins.

jeudi 11 juin 2009

Sauvé le loropetalum chinense !

L’arbuste persistant a perdu toutes ses feuilles cet hiver et j’ai craint le pire. Encore jeune, transplanté un an auparavant, il a souffert des courants d’air glacé et des gels nocturnes qui (même en cette région atlantique et dans les parties abritées du jardin) sont descendus entre -5 et -10°. Comme son nom l’indique le Loropetalum chinense est un arbuste chinois (de l’Assam), poussant en tout sol non calcaire mais sensible au froid. Il s’étale plus qu’il ne pousse en hauteur (1,20m à 1,50m de haut). De la famille des hamamélis il en a les curieuses petites fleurs aux pétales chiffonnées (fleurs blanches et feuilles vertes sur le Loropetalum type). Cet hybride «Fire Dance» a un feuillage pourpre et de février à avril des fleurs rose tyrien ravissantes avec les tulipes de printemps…Sauf que cette année l’arbuste récupère, refait son feuillage et commence tout juste à fleurir. L’essentiel n’est-il pas qu’il soit sauvé ? J’ai eu juste à épointer, une fois le départ des nouvelles feuilles bien visible, l’extrémité des branches desséchées. Cette année ses fleurs vont accompagner les premières floraisons des hydrangéas. Et pourquoi pas ?

lundi 8 juin 2009

Fugace ou résistante l’ancolie ?

Elle a cette réputation l’ancolie, une vivace de courte vie qui se ressème…Perplexe je suis, entre la Nora Barlow, une frisottée double vert pâle et rouge (tant vantée) disparue à jamais dès la première année, et les semis renouvelés de délicates et fidèles ancolies roses, mauves et blanches qui ponctuent gracieusement les bordures (aquilegia caerulea ou aquilegia vulgaris). Quelques autres encore qui au contraire semblent prolonger leur vie, plus charpentées et hautes chaque année L’ancolie à feuillage doré (et fleurs rouge) est de celles-là ou cette hybride américaine à longs éperons plus vigoureuse que jamais. N’importe. Les ancolies vivent leur vie et je les laisse faire. Car leur légèreté et leur grâce le valent bien !

vendredi 5 juin 2009

Iris, bel inconnu….


Il a enfin trouvé sa place cet iris ancien qui fut du goût d’un jardinier (ou d’une jardinière) d’une autre génération, découvert ici en arrivant, vestige du jardin d’avant. L’iris est petit, sa floraison relativement courte, son caractère tricolore pourpre, cannelle et safran pas si facile à marier. Pourtant je n’ai jamais eu le cœur de le jeter.. Après plusieurs tentatives sans succès, en bordure, en isolé, (ne fleurit pas à l’est - trop d’ombre-, ou reste insignifiant parmi d’autres –ah ! le sublime grand iris noir-), il est cette fois magnifique en plein sud, mis en relief par un carex beige et l’origan doré. Vous savez, celui qui court, s’étale à l’envie formant un coussin rond et serré…Dorénavant je serai plus attentive et aiderai l’iris à surmonter les attaques des limaces et escargots ! A propos, je compte tester le barrage à base de pointes de lave, sans aucun danger pour les hérissons. Vous connaissez ?

mercredi 3 juin 2009

Devinette

Il dessine la campagne en creux ou en plein, ourlant talus et murets ou soulignant landes et friches agricoles.
Au printemps il recouvre d’or la Bretagne et la transforme en jardin.
La fauvette y niche bien à l’abri dans les buissons.
Son parfum suave embaume la noix de coco.
Qui s’y frotte s’y pique. Mais de près qu’elle est jolie la fleur de l’ajonc.

mardi 2 juin 2009

Envers et contre tout ce yucca !

Ils sont fantastiques les végétaux. Gilles Clément s’en émerveille: la plante est-elle un ou plusieurs individus ? Si malheureusement nous autres pauvres humains, nous perdons un bras ou une jambe, c’est «ad vitam aeternam».Mais une plante ? J’ai observé dans mon jardin comment un très vieux pommier est ainsi «mort et ressuscité». J’avais dû couper toutes ses parties aériennes entièrement desséchées. A la base coudée du tronc (autrefois ce pommier demi-tige avait été palissé) repartait un scion vigoureux que j’ai laissé faire… C’est aujourd’hui un arbre de 4m aux jolies et bonnes grosses pommes. Et cet extraordinaire yucca ? En dépit des aléas et des accidents, il se renouvèle sans cesse. En éloge à la vie ou dragon à dix têtes ? Laissons libres à chacun ses pensées ou son imagination.

samedi 30 mai 2009

Le géranium maculatum Elizabeth Ann

Presque aussi précoce que le g.maccrocrhizum, le géranium maculatum fait partie des «valeurs sûres» de cette famille. En fleurs dès la fin avril, à mi-ombre comme au soleil, le géranium maculatum présente d’autres atouts. Un plant suffit à garnir le devant d’un rosier ou d’un jeune arbuste. Ainsi au-dessus d’une touffe arrondie et nette (50cms en tous sens) les graciles petites fleurs blanches du géranium maculatum Album annonceront-elles les premières roses ton sur ton. Les grandes feuilles très découpées du g.maculatum attirent l’attention. Davantage encore lorsqu’il s’agit de cette variété, le géranium maculatum Elizabeth Ann au spectaculaire feuillage bronze chocolat. Un fort contraste avec d’abondantes fleurs mauve bien dressées qui se renouvelleront sans cesse de la mi-mai jusqu’en juillet (à associer à d’autres fleurs de teintes proches lilas et mauve). Très rustique (originaire d’Amérique du Nord) il résiste jusqu’à -20°. Pour conserver son pied au frais (les géraniums maculatum apprécient l’humidité), penser à l’entourer d’un bon paillage. On peut le trouver bien sûr à la Pépinière de la Roche Saint-Louis.

mercredi 27 mai 2009

Premier entre tous : le géranium maccrorrhizum

C’est sans doute lui qui m’a donné le «virus» des vivaces (dès le commencement, en jardinière tout à fait débutante). Depuis le jour où Colette Sainte Beuve dans sa pépinière de Plantbessin (site) m’a mis dans les bras un cageot de plantes variées : «vous essaierez et vous verrez…». Je lui serai à jamais reconnaissante. Le géranium maccrorrhizum malgré son nom rébarbatif en latin ou en français («géranium à grosses racines») est si accommodant. Cette espèce originaire des Alpes et des Balkans, très robuste donc, s’étale par un réseau de racines souterraines. En deux ou trois ans il forme un tapis large et dense à décourager les adventices. Très facile à contenir pourtant, assez bas (40cms et 50cms en fleurs) il s’emploie en bordure comme en couvre-sol. Le géranium maccrorhizum se plait à l’ombre comme au soleil, en terrain lourd ou limoneux et « vieillit » bien sans besoin de le renouveler ou de le diviser. Persistant et velu (moyen infaillible de le reconnaître), aromatique quand on le froisse, j’apprécie aussi son feuillage pour ses couleurs feu à l’automne (surtout le cultivar Ingwersen’s Variety, fleurs rose pâle). Discret à la belle saison il ne contrarie aucune plante voisine. Si vous souhaitez des fleurs «flashie» , Bevans’s variety ou Czabor, magenta foncé et rouge, pourront vous plaire, et pour des couleurs douces, «Spessart» à fleurs blanches. L’un des plus intéressants est celui-ci, le géranium maccrorhizum Album, bien persistant, lumineux et doux, associant dans ses fleurs le blanc des pétales et le rouge du calice, vibrant de loin en un léger brouillard rose.

vendredi 22 mai 2009

First ladies

Une rapide remontée des températures (il est temps !) a suffi pour que s’accélèrent en quelques jours la formation des boutons et l’éclosion des floraisons. En petites touches d’abord avant la plénitude. Le « tour du jardin » s’impose chaque jour au moins « pour voir », même si des impératifs vous appellent ailleurs. Les ancolies et les géraniums, les iris… et ces toujours reines, les roses. Je les redécouvre d’une année à l’autre bluffée par leur grâce. Et je me presse de respirer leurs merveilleux parfums, eux jamais oubliés. Visiblement l’apport généreux de nourriture cet hiver leur profite (granulés Bochevo et sang séché). La Pénélope est plantureuse, et d’autres (des pieds de quinze ans…) ont étonnamment grandi. J’avais aussi failli l’hiver dernier supprimer un rosier rugueux à l’étroit maintenant entre des arbustes. En attendant il avait été rabattu sans état d’âme. Le rosier est reparti avec vigueur : il est déjà en fleurs et celles-ci n’ont peut-être jamais été aussi belles.

Un rosier rugosa de chez Delbard disparu depuis longtemps du catalogue.

jeudi 21 mai 2009

Shocking ? la gaieté de l’accord rose et orange sous le ciel gris….

C’est «la fin» des bulbes de printemps, l’heure du bilan… de ce qui «a marché» ou pas: les bonnes surprises (des bulbes réapparus qu’on n’attendait pas) ou les associations aléatoires. Comme les floraisons d’arbustes et de bulbes qu’on espère simultanées …mais qui selon les années, le froid de l’hiver, la pluie qui gâche tout …. Manifestement l’accord entre ces tulipes à fleurs de lis rose et orange et ce fritillaire était volontaire et osé ! Plantés en plein soleil dans un sol drainé, ils n’ont pas souffert de l’humidité hivernale. Ce fritillaire, le plus robuste du genre (aussi nommé «couronne impériale») reste facile à cultiver. Les tulipes à fleurs de lis, longues et à fortes tiges, sont bien proportionnées. Une vraie réussite qui met en joie sous un ciel gris et plombé.

mardi 19 mai 2009

Est-il ou n’est-il pas un rhododendron luteum ?

Pas question de renier totalement mes anciens à priori sur les rhododendrons. Mais les rhododendrons caducs ont toujours fait exception. Les somptueuses azalées hybrides (depuis ma première visite au Bois des Moutiers en Normandie) et quelques espèces aussi : d’abord le rhododendron luteum que j’apprécie pour son port léger et ses fleurs en bouquets jaunes et très parfumés. Bien nourri il s’est développé en quelques années sur 2m de large et 1,50m de haut. Et depuis que j’ai éclairci l’érable qui l’ombrage il fleurit davantage. Mais ce rhododendron admiré dans un jardin d’Irlande est-il un r.luteum ? J’ai le doute par son manque de parfum et cette touche rouge bronze pointant à la base des fleurs.

dimanche 17 mai 2009

Un érable en guise de rideau

Du Japon ou d’Amérique.. ou simplement de Montpellier (acer monspesullanum) les érables font l’unanimité. La spécialiste Jelena de Belder les tenaient pour le genre aux plus belles espèces, et si variées ! Des arbres magnifiques en tous points et toute l’année, à voir de loin (leur silhouette, des couleurs extraordinaires à l’automne, le port des branches) ou de très près (le dessin gracile de la feuille qui se déploie, puis des fleurs ou des fruits. Et l’écorce bien sûr.. ). Suivant mon conseil, une amie a planté un petit érable en bac (acer davidii) sur son balcon parisien. Elle s’émeut depuis chaque jour le nez à la vitre. L’été il formera un joli rideau…Tout comme ci-dessus, à une autre échelle, cet acer japonicum vitifolium ou aconitifolium(?) sur la façade est de Bantry House.(Irlande).Les érables japonais se taillent très facilement(…puisqu’on en fait des bonzaï…). J’interviens sur le mien deux fois par an, un acer palmatum type planté en pleine terre sur le pignon, pour continuer à en profiter sans occulter une fenêtre (En quinze ans il a atteint 8m). Un conseil : évitez de craquer sur les superbes variétés de a.palmatum (trop sensibles à un virus, le redoutable Verticillium) et prenez votre temps pour choisir…

mercredi 13 mai 2009

Nostalgie, quand tu nous tiens…(au potager )

Les potagers sont à la mode. Pourtant il en est qui disparaissent au fur et à mesure de la fatigue du jardinier, comme mon voisin Maurice contraint peu à peu de réduire puis d’abandonner à plus de 93 ans. Ou d’autres à l’arrivée des nouveaux habitants : l’ancien potager devient jardin d’ornement (je plaide coupable). Il en subsiste encore, de quoi se comporter en voyeurs avec délice et nostalgie. Nostalgie de souvenirs d’enfance (ou non), de périodes révolues «l’avant ou l’après-guerre», connues ou pas connues, selon les générations. Les potagers rentrent dans l’histoire (A lire la remarquable plaquette «Du potager au gazon chéri. Petite histoire de nos jardins de banlieue» Cahiers de la Maison de Banlieue et de l’architecture. Athis-Mons. Essonne). Les potagers renaissent, sous d’autres formes. Carrés de «bobos» ou d’écolos, de grands chefs ou de châteaux, mais aussi jardins familiaux et jardins partagés. L’essentiel n’est-il pas que tout le monde soit au jardin ?

dimanche 10 mai 2009

« J’aim’(ais) pas les rhododendrons »

Jusqu’à ce que…je reste fascinée devant ces grandes espèces importées au début du 20ème siècle d’Himalaya (et autres régions….) sur commande de jardiniers passionnés des îles britanniques. Ces rhododendrons plantés dans des conditions paradoxalement proches de leur milieu d’origine (hivers doux et étés humides) en sous bois, abrités des vents par de grands pins et feuillus sont partis à l’assaut des arbres pour atteindre avec le temps des dimensions prodigieuses…compte tenu de la lenteur de leur croissance. «1,20m à 1,50m en dix ans»…nous promet-on dans les catalogues. Jusqu’alors je n’avais pas remarqué la variété des formes et dimensions de leurs feuilles, l’aspect duveté, argenté ou bronze du revers. Pas davantage le caractère «gorgeous» des floraisons (par la densité et l’ampleur), ni la silhouette et l’écorce magnifique (du rhododendron thomsonii ?°). En avril les premiers rhododendrons fleurissaient dans les jardins d’Irlande. Certains même achevaient de fleurir, se déversant en tapis de toute beauté. J’aime ainsi les rhododendrons. Saurai-je convaincre d’autres récalcitrants ?

Rhododendrons, magnolias et azalées au Derreen Garden
, devant Kilmakillodge Harbour près de Lauragh. Presqu'île de Béara.

vendredi 8 mai 2009

Les jardins d’Ilnacullin

Et de un, et de deux, et de trois ! Les jardins d’Ilnacullin sont l’un des trois jardins de la baie de Bantry à ne pas manquer (et de loin les plus renommés) . Ces jardins résultent du pari audacieux lancé par un passionné d’architecture et d’horticulture, Annan Bryce, en 1910. Sa veuve puis son fils poursuivirent les travaux jusqu’au legs à l’Etat irlandais dans les années 50. Le climat certes s’y prêtait, au creux le plus abrité de la baie. Et le site, une petite île de 15ha toute proche du rivage faisait rêver (l’île de Garinish, en gaélique l’île voisine). N’empêche ! C’était «un caillou» comme en témoignent les photos de l’époque. Les travaux furent dantesques. Aujourd’hui c’est une île jardin avec d’immenses arbres et arbustes ornementaux directement importés d’Orient et de l’hémisphère sud. Qu’on ne s’y trompe pas : le jardin est très structuré. Axes et perspectives, déclivités du terrain, la roche qui affleure de place en place, tout souligne le paysage : un jardin dessiné par Harold Peto, architecte et jardinier-paysagiste, (auteur de jardins classiques "à l’italienne"... en Grande-Bretagne…et dans le sud de la France), complice de Annan Bryce. Ces créateurs étaient certainement très sensibles à l’originalité des floraisons et à la couleur. Elles s’y succèdent de mois en mois dans toutes les parties des jardins. Les végétaux ont atteint avec l’âge des proportions fantastiques : on peut y admirer comme nulle part ailleurs des plantes introduites depuis dans nos jardins. Les jardins d’Ilnacullin sont ouverts tous les jours du 1er mars au 31 octobre. Un bateau vous y conduit en quelques minutes depuis le village de Glengarriff (un attrait de plus à la balade).

mercredi 6 mai 2009

Bamboo Park à Glengarriff (Irlande)


Ne pas se méprendre sur le nom ni sur les chiffres superlatifs «plus de 10 variétés de palmiers, de fougères, et 30…de bambous» (ou se laisser rebuter par le portail japonisant à l’entrée) qui en feraient reculer plus d’un. Bamboo Park est un lieu magique. Sans nul doute le Douanier Rousseau l’aurait aimé. Sur la côte sud-ouest de l’Irlande, au fond de la baie de Glengarriff, un couple de français a réinvesti une maison à la varangue créole et ouvre depuis 2000 la visite de son très grand jardin. En quelques pas, Bamboo Park projette ses visiteurs sous les tropiques loin des montagnes arides et rocheuses de cette région côtière. L’accueil est chaleureux, attentif (et en français, of course !). L’exubérance des végétaux de l’ «Old Garden» et du parc masque d’abord les vues sur la mer que l’on devine proche. Les allées y conduisent doucement en passant le long de la maison. L’on est même prié de les emprunter et de s’approcher : un petit panneau rappelle que les abords de la maison ne sont pas privés ! (une exception…). C’est un enchantement. Le lieu conserve les traces du premier jardin de Lady Ardilaun planté au début du 20ème siècle et conserve parmi les grandes plantes exotiques de fantastiques rhododendrons. Des sentiers longent la côte et la promenade s’y prolonge jusqu’à des promontoires. De là l’on peut à sa guise rester face à la mer et profiter des vues superbes sur la fameuse baie…

dimanche 3 mai 2009

Un jeu de briques pour aromatiques

Les plantes aromatiques se comportent certaines en «herbes folles». Voici une idée simple pour les tenir à l’œil et les contenir raisonnablement (vue dans le Potager de St-Jean de Beauregard). Ce jeu de briques est somme toute facile à mettre en œuvre, simplement posées à plat sur le sol ou par-dessus des barrières enfoncées en terre à la verticale (anti bambous par exemple ou planches de bois imputrescible) pour éviter le débordement des racines (ah ! les menthes….)

vendredi 1 mai 2009

L’Italie sous le ciel irlandais : Bantry House gardens

Une ballade irlandaise réserve bien des surprises. Dont celle-ci: la visite des jardins de Bantry Bay House, manifestement inspirés par les jardins italiens. Après une longue période d’abandon, ces jardins et l’immense maison (que l’on visite aussi) ont été restaurés ces dernières années par une famille qui a relevé le défi. Comme toujours en Irlande, l’implantation de la maison et des jardins avait été choisie avec le plus grand soin. Avant de les créer au fond de la baie de Bantry leur créateur avait beaucoup voyagé en Europe. L’unité du lieu, des matériaux, du style est évidente. Vers l’est les jardins s’élèvent en 7 terrasses. Au sommet l’on admire la magnifique Bantry Bay. Au sud le jardin se prolonge dans une prairie par-delà la balustrade. Et la façade principale fait face à la mer. Le charme opère…on peut même prendre le thé sur la terrasse abritée de la maison.

dimanche 26 avril 2009

Un peu, beaucoup, à la folie….

C’est presque de la folie (à l’achat…) que ces hellébores orientales, les doubles surtout. Mais un pied forme à lui seul (en deux à trois ans) un bouquet tellement élégant qu’il est difficile de résister. Les hellébores varient à l’infini. Les h. hybrides blanches peuvent sembler crème ou jaune pâle selon la lumière. Les hellébores orientales doubles, robustes et florifères, deviennent vertes une fois fanées et restent belles très longtemps… Le mérite d'avoir fait découvrir en France ces sublimes hellébores revient à Martine Lemonnier du Jardin de Bellevue en Normandie. D’autres ont depuis suivi ses traces… Le très joli site internet www.jardindebellevue.com reste une mine d’informations sur cette vivace «haute couture» (avec de magnifiques photos du jardin de Bellevue au fil des saisons, ouvert toute l’année). L’ouvrage très complet de Thierry Delabroye «Hellébores et autres fleurs d’hiver» dans la remarquable petite collection «Comment les choisir et les cultiver facilement» (éditions Ulmer) permet aussi de bien les connaître et de rester raisonnable !

jeudi 23 avril 2009

Et un panaché, un !

Le géranium phaeum «Spring Time» est un petit nouveau qui promet. Il ferait honneur aux centaines de variétés de géraniums vivaces que Colette Ste-Beuve a rassemblés (il y a 30 ans… alors que cette famille était totalement inconnue en France. Rien à voir avec les pélargoniums !) dans sa magnifique pépinière de Castillon en Normandie. Elle en propose toujours les meilleurs, enthousiaste et intarissable sur ces plantes robustes et vigoureuses, couvre sols ou plantes de massifs, d’ombre ou de lumière. Quant à celui-ci je l’ai testé sur les conseils de Dominique Voisin, bien que je ne sois pas «fan» a priori des feuillages panachés. Seulement l’année dernière je soulignais mon goût pour le g.phaeum, très à l’aise dans un jardin naturel, sous les arbustes à mi-ombre ou à l’ombre, insensible à la sécheresse. Ce géranium phaeum «Spring Time» comme ses cousins a démarré très tôt en saison sans broncher devant les températures frisquettes. Le petit godet planté a prospéré en large touffe dès la première année. Et j’avoue que la délicatesse du dessin et du rapport de tons de sa panachure, entre des feuillages pourpres et sombres, me fait craquer! Pour tout découvrir des Géraniums vivaces, un livre référence, traduit de l’allemand: «Géraniums vivaces pour le jardin» de Coen Jansen. Ed. Ulmer. 1998

mardi 21 avril 2009

De l’énergie envers et contre tout

Le grand âge (probable) et l’énergie vitale de cette grande fougère dépliant ses crosses malgré tout, sur ce talus aride et ensoleillé, m’ont touchés. L’eau pourtant proche en contrebas lui parait inaccessible. Par capillarité sans doute cette fougère arrive à trouver de la fraîcheur. Pour l’heure toutes ces petites crosses évoqueraient presque une partition musicale…

lundi 20 avril 2009

Des galets pour étiquettes

Que voilà une idée simple et jolie. Galets de mer ou de rivière (à prélever avec modération) loin des accessoires «too much» et ostentatoires ou au contraire basiques et standard. Il suffira de les poser au creux des végétaux, soigneusement écrits au marqueur indélébile (je recommande les feutres peinture de Botanique éditions : en blanc, noir ou gris à reflet légèrement métallique et en trois épaisseurs de trait au choix. Qui dit mieux ? site). Vous trouverez aussi sur leur catalogue un choix incomparable …d’étiquettes justement, en complément. Ne faites pas la même erreur que moi : utiliser à l’extérieur un feutre craie (acheté à la hâte en magasin) et vite délavé, avec en perspective d’avoir à tout recommencer !

vendredi 17 avril 2009

Séducteurs les producteurs…

Ils savent nous séduire, ces producteurs spécialisés et passionnés de plantes…Avez-vous remarqué combien certains savent mettre en valeur leur production lors des Fêtes des Plantes ? Selon les stands le charme des associations, le soin de l’étiquetage, le bon état de végétaux bien enracinés, le sourire de l’interlocuteur et le goût du contact…font la différence. J’ai remarqué à St-Jean de Beauregard entre autres cette association simple et très chic placée «en vitrine» devant un stand : la gracieuse petite hellébore blanche entre l’ophiopogon noir et le carex Bronze Form. De quoi attirer les regards…

mardi 14 avril 2009

Un classique à la grande classe : l’osmanthus burckwoodii

Ce grand arbuste (3m x2,50m avec l’âge) plus résistant au froid que son parent (le o.delavayi originaire du Yunnan en Chine) était recommandé entre tous les osmanthus par Jelena de Belder, l’éminente spécialiste des arbres et arbustes (connue pour la création de nombreux cultivars et son célèbre arboretum de Kalmthout en Belgique). L’osmanthus burkwoodii, hybride obtenu en Grande-Bretagne par un «confrère», Monsieur Burkwood, avant les années 1930 se remarque par ses petites feuilles persistantes et sa jolie floraison blanche de début de printemps. Compact et se taillant facilement (juste après la floraison), il peut prendre une allure de topiaire. D’ailleurs il ne faut pas hésiter à le remettre en forme car il prendrait facilement sinon un port désordonné. Mais c’est pour son parfum que je le préfère: il embaume quelle que soit l’heure du jour (et de la nuit) et la température, même par temps froid. Un parfum puissant de jacinthe qui remplit l’air plusieurs mètres à la ronde. Planté ici au nord à l’ombre portée de la maison et en sol légèrement acide, il se plait aussi en sol calcaire et au soleil. Jelena de Belder écrivait : «Si l’on devait choisir un arbuste toujours vert rustique, ce serait sans doute (celui-là)».